Ecouter, aussi...
Mais lire, écrire, regarder, penser ou prendre le large, ça n'agrandit pas toujours la distance, bien au contraire.
Je l'ai réalisé ce matin, lorsque, dans ma voiture, j'ai écouté de l'opéra. On l'avait oublié : écouter. L'art transperce parfois le corps et trouve le chemin le plus court vers le coeur.
Parfois, un livre, un film, une musique, un paysage ou une rencontre nous touche singulièrement. Parfois tant que les larmes viennent. On ne sait même pas d'où elles proviennent, d'abord. Le détour par la conscience n'a pas été emprunté. A vol d'oiseau, des signes magiques ont su atteindre l'âme et la cogner. L'ébranler.
On est touché. Le terme n'est pas anodin, lorsqu'on touche, la distance n'est plus.
L'art trouve le plus court chemin de soi à soi.
Parfois il nous arrive de rester de marbre devant un événement de la vie. On regarde les autres pleurer, autour. Ou rire. Et en nous, rien. Blindé.
Puis, quelques jours, mois ou année plus tard, on lit, on écrit, on regarde ou on écoute quelque chose qui brise le blindage, le traverse le transperce, à la vitesse de la lumière. Et alors, enfin, on pleure. Ou on rit.
Parfois l'art est un détour qui, paradoxalement, trouve le plus court chemin.
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