Désolée, article pas drôle

Publié le par Clara

 


Se poser des questions sur tout et n'importe quoi, c'est un peu ma spécialité. Il y a longtemps, un ami me disait systématiquement : "mais arrête de te pourrir la vie, carpe diem ! Vis !" A vrai dire, j'admirais tant son dynamisme que je le suivais volontiers. J'ai toujours été attirée par ces personnes qui adorent la vie, qui ont cette étincelle dans les yeux. D'ailleurs, mes amis l'ont tous, cette lueur. Je crois bien que c'est cette lumière dans le regard, ce sourire caché dans le coin de l'oeil, ce rire prêt à éclater, ou peut-être même dans les mots, qui me porte dans un élan presque incontrôlé vers ces personnes-là. Vers vous.
Mais à la fin, il m'agaçait, cet ami, à toujours m'empêcher de me poser. "La vie est courte !" répétait-il sans cesse. "A quoi ça sert de philosopher, sinon à perdre son temps ?"
A quoi ça sert de philosopher ?
Je crois que je ne peux même pas me poser la question. Cela s'impose, c'est comme ça. Tenez, par exemple. Ces temps-ci, là où je travaille, une immense exposition sur Auschwitz entourait la machine à café. La première fois que je l'ai vue, en attendant mon cappucino, j'ai été... Difficile de trouver le bon mot. Vous vous souvenez ce que j'ai écrit sur l'art qui transperce le corps pour toucher directement l'âme ? Ben voilà. Ca m'a fait mal, un peu, voyez ? Depuis, je baisse les yeux. Je n'arrive décidément pas à regarder. Et ce matin, un grand soulagement m'a envahie quand j'ai vu les murs vides. Auschwitz est parti de mon horizon, et mon Expresso va enfin retrouver sa saveur.
Comment voulez-vous que je ne réfléchisse pas à ce qui me pousse à écrire une phrase aussi terrible que celle que je viens d'écrire ? Comment ne pas analyser mes sentiments ? Comment laisser passer ça, cette faiblesse ? Impossible de ne pas philosopher...
Quand j'étais petite, par exemple, encore, j'espérais qu'une guerre survienne. Comme ça, j'aurais pu prouver tout mon courage. Je serais devenue la messagère des résistants. J'aurais aidé des gens à se sauver. Peut-être même que j'aurais perdu mes parents, épreuve ultime, yes ! Et je m'en serais sortie, ouaip.
Là encore, faiblesse de pensée, non ? Que serais-je devenue si je n'avais pas réfléchi à ce fantasme ? Pire qu'Hitler, oui !  Heureusement qu'un jour j'y ai pensé, me suis décentrée, et ai réussi à formuler : espèce de nouille, tu sais vraiment ce qu'est une guerre ? Au lieu de penser à te mettre en valeur, au détriment même de tes propres parents, pense à tous ces gens qui souffrent !
J'ai dû réfléchir de la même manière pour me décentrer de mon Expresso...
Tout ça pour vous dire, chers amis, que je philosophe pas mal, en ce moment, sur ce que signifie le mot compassion. J'en suis à : souffrir avec... Et je cherche ses causes, ses légitimités...
Ce qui n'empêchera pas une remise à niveau du grand Ad, tout plein de lumière dans les yeux, de me faire le plus grand bien !
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Publié dans Clara

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A
Certe la vie est courte et qu'il faut profiter de chaque instant, mais il n'empéche que l'on ne peut vivre sans se poser des questions, philosopher, oui de toute façon quand on philisophe autour d'un bon muscat, on vit.
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