oiseau

Publié le par Calice

Cellulite hématomes petite poitrine
voix sortie d’outre-égout l’interpellant par son prénom
Magasins fermés vitrine reflétant une silhouette empâtée
Seule
Elle se laisse tomber sur le canapé blanc. L’impression d’être avalée broyée digérée.
Jamais elle ne se posait ainsi. Rien. Ne rien faire.
Ses yeux allaient et venaient sur les murs blancs et suivaient de minuscules traces noires qui se déplaçaient, en léger décalage avec le mouvement de sa pupille... Et si son environnement tout entier, le monde, était, tel ces formes sombres aux contours mal définis, non pas extérieur à elle-même, mais uniquement présent à l’intérieur de son humeur vitreuse et aquée -quoique parfois alcoolisée….
Accrochées au mur, deux cages.
Oiseaux.
Le bec est trop long - se disait-elle – il paraît que c’est une maladie. Mais allez vous l’user sur votre os de seiche, c’est pourtant pas compliqué ! Vous me gênez ici, avec vos becs croisés, animaux que je n’ai pas choisis, encagés par d’autres que moi… Moi qui vous ouvrirai volontiers – vous voleriez et crac ! bouffés par un chat – écrasé gorge rouge vif sur un pare-brise…
 
Ils lancent de petites plaintes. Leurs têtes semblent pouvoir faire un 360°. L’un d’eux, de ses mouvements saccadés semble s’intéresser à elle. .. la regarder… Elle zoome sur la cage. Il est en équilibre sur une patte. C’est la première fois qu’ elle l’observe. Il déploie une aile, son bec bifide fouille le duvet blanc de son jabot. Il gratte. Puis la regarde.
Chardonneret de 5 ans – il paraît que ces oiseux sont cardiaques, et fragiles- profil rouge.
Il la regarde. Ses petits cris semblent venir d’ailleurs que de son gosier gracile.
 
Les barreaux de la cage se sont estompés.
Engloutie par le canapé, elle ne peut plus détacher son regard de l’animal contemplatif… Il chante à présent quelques bribes de mélodie interrogative…
Le tic tac obsédant de la pendule qui marque inlassablement 10h10 de jour comme de nuit rythme image par image son avancée vers l’oiseau…
Elle se cogne à la porte.
Elle passe à travers les barreaux…se glisse… se fourre entre les ailes
Bien au chaud.
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Publié dans Calice

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L
merci, merci Clara!!!!! Les oiseaux pourtant remis en liberté sont revenus au bercail... Quelle joie..
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C
Anecdote entendue aujourd'hui :<br /> - Oh le joli chien ! Comment il s'appelle ?<br /> - Comme vous.<br /> - Pardon ?<br /> - Oui il s'appelle comme vous.<br /> - Comment vous pouvez le savoir, vous ne connaissez pas mon nom.<br /> - Non non, il s'appelle Commevous.
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C
Chère Calice, <br /> Les vitrines sont des miroirs déformants, les vendeuses ont de fausses bonnes intentions, les chiens ont de mauvais prénoms, les voix d'outre-égout n'ont qu'à se taire, les canapés blancs qu'à se salir de chocolat, les traces noires à faire de jolis dessins abstraits, le monde qui t'entoure est celui que tu inventes au creux de ton humeur non pas vitreuse mais translucide, les cages des oiseaux n'ont qu'à s'ouvrir, les chats n'ont qu'à ouvrir la gueule, les pendules indiquent l'heure qu'elles veulent, les curés font de l'exorcisme, le tic tac obsède, les ailes des oiseaux te réchauffent, les oiseaux peuvent t'emmener loin, si par bonheur tu les libères. <br /> Ils reviendront de toute façon, comme ceusses rentrés ce soir d'Algérie.<br /> Demain, ouvre les cages.
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