Gueule de brume et tête de bois
Stress, malaise, me pèse, m’oppresse
Un verre…
J’entre dans la salle au sol ciré,
J’y découvre de sombres pensées,
Entre le pervers aux yeux fuyants
Le timide aux doigts tremblants
Et l’encombrant de service,
Je glisssse
Vers le bar, offert :
Se tend alors,
Un second verre …
Les couleurs ont changé. Tiens ?
On accroche aux murs
une sorte de tenture, azur ?
Mon zygomatique soudain se tend..
Etonnant non ? Je m’étonne. J’y prends goût. Je souris.
A tout ce qu’on me dit. Sans dictinction.
Je fais des relations, j’adore,
Entre ce que j’entends, mon passé, le présent.
J’harmonise, je vocalise, je virevolte.
Un autre ? d’accord.
C’est sûr, le plafond cramoisi s’est soulevé, un peu, à peine,
Et laisse passer une petite brise :
Respiration. Je ventile, rutile, m’égosille,
Comme ces visages chantent l’amour, de moi !
Me duplique, m’éparpille,
RIRE aux éclats – à l’unisson,
Gorge déployée, cœur offert, bras ouverts !
C’est le moment :
Un petit dernier ?
Allez.
Le gosier n’est plus très sec pourtant.
Le liquide plus aussi brûlant.
Je déglutis.
Les yeux mi-clos laissent filtrer un brouillard de visages.
Tiens, le plafond s’est recollé, il s’est même rapproché du sol à présent.
A la lumière stroboscopique de ma perception, les mouvements des autres
m’apparaissent
m’apparaissent
terriblement saccadés et imprévisibles.
Dans ma mémoire un état succède à un autre sans conserver aucune trace du précédent..
Visages autour de moi, luisants de sueur, grognant, vociférant,
corps avachis sur des fauteuils pliants.
En titubant, je me repère aux dossiers de chaises,
au mur piquant crépi, me dirige à une vitesse d’une irrégularité effrayante,
tantôt me projetant contre les portes, ou me plombant au sol,
vers les toilettes odorantes :
Je me penche,
Et me rends.
Intégralement.
Publicité