Violette
A son regard, elle avait saisi l'inquiètude, de celle qui prend aux tripes et qui vous ferait cracher le coeur, pour en finir au plus vite. Elle distillait alors des parfums de verveine et d'essence de lavandin lui caressant les épaules et le visage avec ses cheveux, elle absorbait son âme, lui procurait l'oubli. Ainsi les destinataires des enveloppes roses avaient-ils eux aussi sombrés, de manière plus radicale, certes, pétales effeuillés de la même fleur.
Elle respirait à peine, souriait par gentillesse. Sensiblement, des pans de joie vive se détachaient en elle. Sous les gravas s'insinuait la certitude d'un choix nécessaire : écrire ou aimer.
La surface prenait le soir venu des reflets plus sombres, les rayons obliques ouvraient l'espace d'un instant, d'une vague plus lisse, une fenêtre sur le fond verdâtre ou bleu nuit de la mer ; une silhouette insaisissable portée par le courant ou mue par l'instinct de chasse passait, se retirait, surgissait. Le mutisme béat de Doumé, la nécessité d'écrire, malgré la parole donnée quelques temps à peine, la firent se lever brusquement.
- Non, ne me raccompagne pas. J'ai une livraison importante. Des bouquets à composer. Une commande. Pour bien m'organiser, il me faut être seule.
Il lui fallait rendre à nouveau l'écriture possible : imploser ou exploser ? De retour, elle ritualisait ce qui allait être sa nuit d'amour : Devant la psyché, se dévêtir, accentuer le sourire, les tétons, avec un bâton de rouge, profond. Noyer son regard sous le bleu. Satiner la peau de l'éclat des photophores. Relever ses cheveux en les entortillant à l'aide d'un crayon de papier. Revêtir à même la peau le petit short de cuir luisant; et sa côte de maille écarlate, comme elle aimait l'appeler.
Tout était à sa place exacte : le rottring, le bloc, la tasse de terre cuite au thé brûlant, le chat empaillé de Coline, les enveloppes roses. Elle fixa intensément l'animal et commença à rédiger ce qui devait être un autre genre d'histoire...
Elle respirait à peine, souriait par gentillesse. Sensiblement, des pans de joie vive se détachaient en elle. Sous les gravas s'insinuait la certitude d'un choix nécessaire : écrire ou aimer.
La surface prenait le soir venu des reflets plus sombres, les rayons obliques ouvraient l'espace d'un instant, d'une vague plus lisse, une fenêtre sur le fond verdâtre ou bleu nuit de la mer ; une silhouette insaisissable portée par le courant ou mue par l'instinct de chasse passait, se retirait, surgissait. Le mutisme béat de Doumé, la nécessité d'écrire, malgré la parole donnée quelques temps à peine, la firent se lever brusquement.
- Non, ne me raccompagne pas. J'ai une livraison importante. Des bouquets à composer. Une commande. Pour bien m'organiser, il me faut être seule.
Il lui fallait rendre à nouveau l'écriture possible : imploser ou exploser ? De retour, elle ritualisait ce qui allait être sa nuit d'amour : Devant la psyché, se dévêtir, accentuer le sourire, les tétons, avec un bâton de rouge, profond. Noyer son regard sous le bleu. Satiner la peau de l'éclat des photophores. Relever ses cheveux en les entortillant à l'aide d'un crayon de papier. Revêtir à même la peau le petit short de cuir luisant; et sa côte de maille écarlate, comme elle aimait l'appeler.
Tout était à sa place exacte : le rottring, le bloc, la tasse de terre cuite au thé brûlant, le chat empaillé de Coline, les enveloppes roses. Elle fixa intensément l'animal et commença à rédiger ce qui devait être un autre genre d'histoire...
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