Un rien en avance

Publié le par Clara

Koyu, le religieux, dit : seule une personne de compréhension réduite désire arranger les choses en séries complètes.
C'est l'incomplétude qui est désirable. En tout, mauvaise est la régularité.
Dans les palais d'autrefois, on laissait toujours un bâtiment inachevé, obligatoirement.


Tsuredzure Gusa`par Yoshida No Kaneyoshi, XIV° siècle

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Après quelque temps, toujours le "penser" s'arrête. Ecrit, c'est ce qu'on appellera une pensée.
C'est pourtant alors qu'il faudrait qu'elle soit continuée, mais il n'y a plus prise. Des abîmes de nescience la bordent, la précèdent, la suivent. D'inextricables contradictions, d'insurmontables incertitudes, enfin une impuissance totale. Si l'on insiste, des abîmes de rien. Des univers-rien. Il n'y a pas de pensée qui, continuée, n'aille ailleurs qu'à "rien". Alors à bout, incapable, comme craie noire sur un tableau noir, elle ne peut rien rendre, rien faire. L'univers impensé se défend.
Encore très, très, très peu de ce qui est, est pensable.


Henri Michaux, Passages


Je crois qu'en écrivant, je pousse assez souvent mes pensées dans leurs derniers retranchements, je veux en dérouler la pelote jusqu'au bout du fil, jusqu'au bout du rien, oui.
Mon problème, c'est que j'ai beaucoup de mal à accepter ce rien.

Heureusement, j'ai toujours une pensée d'avance.

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Publié dans Clara

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C
Ah, au fait, le blog a mis ses habits d'été, et c'est moi qui l'ai habillé. Vous me dites si ça vous plaît pas, et hop on le déshabille et le rhabille vite fait, c'est facile.
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