Les hommes

Publié le par Clara

Un resto un peu chic, quartier de la Joliette.
Avec une amie, jolie, intelligente, brillante même, courageuse, drôle, gentille dans le sens non-péjoratif du terme et... Célibataire. Les gars, parfois, je ne vous comprends pas.
Et pourtant, c'est de vous qu'on parle, dans ce resto un peu chicos, où les serveurs rient de notre incongruité, nous fifilles un peu bobos parmi les cravatés des docks.
On commence la conversation par ce constat : les hommes, qu'est-ce qu'on les aime ! On s'en félicite, parce que c'est bon, d'aimer les hommes.
Question : qu'est-ce que tu aimes, toi, en eux ? Et toi ?
Notre réponse est la même : on aime, chez ces pros de la maîtrise de soi et du contrôle de la situation, quand ils ne peuvent plus faire autrement que montrer leurs failles. Certaines diraient : leur côté un peu féminin, mais ça voudrait dire qu'on n'a que des failles nous les femmes.
On craque quand ils craquent, c'est bête, hein. Ou quand, à nous seules, rien qu'à nous, ils nous confient ce qui les blesse, les touche, les émeut. Quand ils se font poètes. Quand ils tentent plus ou moins maladroitement de cacher leur faiblesse. Un trait d'humour tendre, une voix qui se brise, un corps qui se détend.
On aime quand ils nous font l'amour. Elle dit comme ça, cette amie : faire l'amour. Elle parle de faire l'amour comme de faire un bon petit plat, puis elle goûte son mérou. Elle parle de son amant, elle dit comme ça aussi, et les têtes des cravatés se tournent. Cette fille est une gourmande, ça se voit, et je me demande une nouvelle fois pourquoi, bon sang, elle n'a pas une file immense de prétendants devant sa porte chaque soir. Peut-être que c'est le cas, après tout, et qu'elle ne m'en dit rien ! Sinon c'est à désespérer du goût des hommes.
Puis on parle de leur solidité. On n'est pas à un paradoxe près. Solide comme un arbre. On veut un homme comme ça. Souvent revient la comparaison avec la nature. Un homme droit et fort mais à l'écorce tendre. Qui sait écouter le bruissement des feuilles, le cri des martinets qui déchire l'air. Et nos rires aussi.
Elle se demande si ces hommes sont rares. Je lui dis que non. Je suis optimiste depuis que j'en ai trouvé un. Je sais que j'en connais d'autres.
Un homme à l'écoute du monde, au regard clair et tendre, aux idéaux tenaces, pudique, si pudique qu'il en est opaque parfois, mais transparent pour moi. Cet homme-là n'aimerait pas que je parle de lui ici. Jamais il n'interviendra sur ce blog, je le sais. Il n'est pas de ce web-bois. Je me demande, d'ailleurs, soudain, ce que je fais là à écrire au lieu de vivre, vivre, l'embrasser...

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Publié dans Clara

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C
merci "clara", j'ai beaucoup aimé ce texte sur l'amour des hommes...
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D
Ouah ! Quel accueil ! C'est comme à la maison ! Yallah !!!
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A
bien, vu Clara, Didius est un ami, qui lui aussi ne vit pas à Marseille. Il a aussi un super blog.
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C
Tiens, c'est drôle, on n'a donné l'adresse du blog qu'à des gens qu'on connaissait, et voilà qu'arrivent des gens qu'on ne connait pas, malgré tout. Hé ben ça fait bien plaisir. Bienvenue Didius !
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D
Je trouve ça bien, moi, de suggérer aux hommes de se laisser aller à ce qu'ils sont vraiment et pas à l'image qu'ils se font d'eux mêmes ou que leurs mères (toutes juives) se font d'eux. Merci.
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