Buk's way of life

Publié le par manad

Les dents de la putain finissaient de me racler le gland. Merde. Manquait plus que ça. Dans ce bouge paumé de L.A., la pauvre fille s'agitait, histoire de me délester de mes dernières pièces. Il devait être six heures du soir, et le soleil peignait en rose la misère et la faim de ce quartier de fin du monde. J'aurais voulu l'ignorer, ne plus savoir ce qu'elle faisait sous mon gros bide plein de bière, luisant de sueur. Vingt centimètres dans sa gorge. Un aller simple pour le septième ciel. A ce qu'on dit. Et toujours cette fichue crampe à tirer. Ne plus penser à rien, pas même à la réserve de scotch épuisée, pas même à celles qu'on a vraiment aimées. Linda. Voir le cul graisseux de l'autre s'agiter devant mon  nez : deux doigts pour elle, pour oublier l'autre. On pouvait toujours se perdre dans ses visions, histoire de faire un dernier tour de manège, de ne plus voir défiler devant soi ces carcasses répugnantes, ces pauvres vies bradées comme des vieux clous - défilé de regards morts, de bouches mortes, tous des moignons, et ils ne le savaient même pas - qui polluaient comme de la graisse sur du papier blanc. Je ne la sentais plus, maintenant, il me suffisait de la tenir et de l'imaginer ailleurs et comme  moi, contre moi. C'est venu plus tôt qu'on aurait pu l'imaginer et mieux, aussi. Le grand Charles n'était peut-être pas mort. L'ombre dorée de ses cheveux s'agitait encore quand je l'ai tiré de ses rêves d'une grande claque sur son cul. La couronne du soleil descendait sur le mur  lépreux de la chambre, il me fallait coucher ailleurs, la congédier. Dehors, les néons commençaient leurs ballets, rouges et bleus. C'était l'heure d'aller boire un verre. L'amour n'existait pas. Comme un conte de fées, comme le père Noël, il ne durait qu'un temps. Fallait en profiter.
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C
J'avais un  doute, mais oui, tu connais le grand Charles sur le bout des doigts ! BRAVO ! (En fait, j'avoue, c'est un grand éclat de rire qui a accompagné la lecture ;-))
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