A la v(i)olette...

Publié le par manad

Plus un chat, plus rien maintenant... qu'entre elle et lui.
Savoir lui répondre, non plus en mots qu'on ne cesserait de penser, de répéter pour qu'ils soient les plus lisses ; les plus invisibles... mais pour qu'ils soient enfin ensemble, pour qu'il y ait quelque chose de possible, encore, entre eux. Plus s'écouter, mais dire peut-être au rythme où on regarde l'autre...  sans plus de précautions s'avancer vers elle, puiser dans son regard si bleu ses propres forces.

"Tu sais...", il lui avoua tout, ses manières d'errance, Muriel, cela qui avait surgit de son regard, presque nu, presque sans lui. Il ne cessait de froisser dans sa poche l'enveloppe de couleur chair, si c'était elle, enfin. Pour la première fois révéler à quelqu'un, même s'en détachant, l'ensemble de ce qu'il trouvait la complexité et l'infini beauté des choses. Trouver en le disant quelque chose. Compris ou pas compris. Ici ou là. La parole comme autre chose qu'une tentative de séduction, pour une fois, si une fois. Il lui dit que de toute façon, il s'était engagé auprès de Muriel, la seule qui ait tenu à lui, jusqu'alors... mais qu'il avait connu autre chose, avec elle. Déjà. Il la sentait bouleversée, malgré tout. La complexité tenait à ça, aussi, à la possibilité infinie de pouvoir trouver en l'autre, une réponse aux choses... de ne pouvoir lire ce que l'autre pensait de soi, l'impossibilité de se fier au même diapason... sauf dans un flux comme une parole différente qui viendrait encore dire quoi, signifier quel fil d'éternité, pour quelle fin... pour une infinité de signes, qu'il faudrait débrouiller peut-être pour une fois à deux, ou seul, encore, dans sa chambre. Il se rappelait ses tirages, la manière qu'il avait de les scruter pour en lire les infimes variations, les événements minuscules. L'impossibilité de parler à quelqu'un, jusqu'alors. Il se dit que la seule façon d'y échapper serait de tout lui dire, qu'il n'y ait plus de secret mais une seule phrase entre eux. Il se dit que cela serait mieux que finalement la séduire. Il lui révéla son mariage proche avec l'autre... Qu'il lui faudrait toujours errer, chat ; toujours seul... même si l'heure trop convenu des réjouissances - il lui faudrait pourtant fêter encore l'anniversaire de Muriel - qu'on fait comme aux enfants pour quelle fin mon Dieu... brûler, plutôt, et qu'il ne reste rien. Un souffle, la fragrance des fleurs, une idée seulement, dans cette boutique, cela déjà était beaucoup. Il la remercia... la serra contre lui, geste qu'il n'avait jamais osé, jamais dans des circonstances chastes... et s'enfuit en courant, dans l'air vicié, lui laissant toutes les fleurs.

Heureusement, lui restait en poche, en plus de la lettre rose, ce livre soigneusement choisi pour Muriel : le tome premier à la Pléiade de l'oeuvre du Marquis de Sade...
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Publié dans Le roman de Violette

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M
Je ne sais pas si ça dit à qulqu'un de reprendre Violette, Ad ou JCD ou...
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